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Biplace et enseignement : le grand écart ?

Le métier de moniteur de parapente revêt autant de formes qu'il existe de manières de pratiquer le parapente. Mais dans les faits, l'essentiel de notre profession s'articule autour de 2 activités : le biplace et l'enseignement.

Pratiquer le biplace, c'est inviter son passager à découvrir le plaisir de voler, un paysage vu du ciel et cette activité qui nous lie tous. Parfois, notre passager sera un élève lors de notre prochain stage d'initiation et dès lors la boucle est bouclée. Le passager devient élève, l'élève devient pratiquant et amène d'autres passagers qui deviendront des élèves. Dans un monde idéal cela pourrait fonctionner, mais malheureusement, ça ne se passe pas vraiment comme ça.

Dans l'équilibre de cette boucle, l'enseignement du parapente n'a jamais été pratiqué au prix juste.

Minorant le coût de l'activité pour attirer l'élève, et le baissant encore pour se démarquer de la concurrence, les structures ont malgré-elles dévalué l'enseignement. Parallèlement, l'activité biplace a conservé un meilleur rendement. La demande est souvent forte, ce qui permet de maintenir une rémunération acceptable. Nous voyons donc que la balance est déséquilibrée, avec potentiellement une dérive préjudiciable à l'ensemble de l'activité (désintérêt de l'enseignement peu rémunérateur, donc moins de stage, moins d'élèves, baisse des pratiquants et de la vente de matériel...).

Combien ça coûte de pratiquer une activité de plein air ?

Le prix indiqué est un prix moyen payé par le stagiaire. Le revenu du moniteur est indiqué dans la dernière colonne "Honoraires"

Activité Conditions Prix Prix horaire Remarque Honoraires
Parapente 2 moniteurs pour 8 stagiaires 112€/jour 14€/h Matos compris 150-200€/jour
Kite 1 moniteur pour 4 stagiaires 100€/demi-journée 25€/h Matos compris ???
Ski (collectif) 1 moniteur pour 10 stagiaires 30€/tiers de journée 15€/h + Matos + Forfait 400-550€/jour
Ski (particulier)     45€/h + Matos + Forfait 400-550€/jour
Guide         360-450€/jour

Quel va être le choix du moniteur, entre une journée de biplace lucrative approchant 4 à 500€ ou plus contre une journée d'enseignement à moins de 150€ parfois ? Devant cette situation, que pouvons-nous faire pour rétablir cette balance ? Comment rééquilibrer ces écarts entre biplace et enseignement et revaloriser la formation des élèves ?

Solution 1 : Augmenter les tarifs

Augmenter les prix de l'enseignement pour revenir vers des tarifs plus respectueux des charges liées à cette activité, c'est également mieux prendre en compte les difficultés d'enseigner le parapente, dans un milieu spécifique où le risque est continuellement présent. L'augmentation du CA liée à l'augmentation des tarifs des stages permet alors d'augmenter les revenus des moniteurs. Cette charge est donc reportée directement sur la clientèle qui l'acceptera ou pas.

Solution 2 : Harmoniser les revenus biplaceurs/enseignants

Gommer les différences de revenus entre les enseignants et les biplaceurs sans augmenter les tarifs des stages. Pour cela, la mutualisation des rentrées financières semble être une solution viable, facile à mettre en place et sans contraintes réglementaires. Concrètement, le CA (bi et stage) rentre dans un pot commun qui est équitablement réparti entre les moniteurs. Solution très facile dans une structure où les moniteurs ont un statut équivalent, surement plus délicate dans une structure faisant appel à des renforts ponctuels. En début de saison, il sera essentiel, pour la direction, de répartir au mieux la charge de travail et la méthode de mutualisation entre les moniteurs.

Solution 3 : Mixer

Trouver un compromis entre augmenter ses tarifs et redistribuer la richesse pour être au plus près du marché, de la demande, de la concurrence, de son équipe et de ses motivations.

Et donc ?

En filigrane de cette première réflexion, le statut et la rémunération du moniteur ressortent. Titulaire, intérimaire, renfort, indépendant, mercenaire ou micro-entrepreneur…, les repères sont fluctuants, certains voguant de l'un à l'autre. Mais dans cette situation, que représente le "salaire" d'un moniteur ? Nous encadrons une activité en milieu spécifique où notre responsabilité est en jeu, où la gestion du risque pour nous et nos élèves est permanente et où l'accident peut être fatal. Ceci est évidemment à prendre en compte dans la rémunération.

Alors, quelle rémunération ?

Pour le moniteur

200€/jour est la rémunération haute constatée pour les moniteurs de Vol Libre, ce qui correspond à 100€ net par jour pour une durée de travail d'environ 8 à 10 h, soit au plus optimiste : 12,50€ de l'heure. Pour info, dans une école de ski, une secrétaire débutante touche 11,50€ de l'heure (assortis de nombreux avantages en nature). Un moniteur de ski gagne 55-60€/h brut. Or, le métier de moniteur de vol libre est encore plus engagé que celui de moniteur de ski. Une rémunération de 35€/h brut pour un moniteur de vol libre en enseignement semblerait davantage réaliste, soit un tarif de 280€/jour brut. Ce qui fait 280*5= 1400€ brut pour 5 jours de stage, soit 700€ net par stage et un revenu mensuel net de 2800€. À cela il faut évidemment enlever les assurances, la mobilité, les investissements, le risque météo, la saisonnalité…

Simplement pour comparer : Un biplaceur fait aisément 5000€ brut de chiffre d'affaire par mois en travaillant 15 à 20 jours avec une voiture et un chauffeur. À cela, il faut enlever les frais de gasoil, le chauffeur, les charges sociales, l'amortissement du matériel, le véhicule, le risque météo, la saisonnalité, les assurances…

Pour l'école

Pour l'école, dans 80% du temps, le parc voiles de l'année est revendu aux élèves chaque année. Il n'y a pas de stock à gérer, sauf la mise de départ qui tourne chaque année. Donc, ce système minimise l'amortissement fiscal et permet un prix de mise à disposition du matos par la structure à un prix raisonnable évalué à 160€ par semaine et par personne sur une base de 80 stagiaires dans l'année (moyenne constatée en école) et d'un pack matos élève (voile-sellette-secours) à 2080€.

Un stage de 6 personnes reviendrait alors à 160x6=960€ pour le matos, et 1400x2=2800€ pour les moniteurs. Soit 3760€, ce qui correspond  à 627€ par personne, hors assurance et frais immobiliers. Restent également à traiter le minibus, son amortissement et les frais kilométriques. Nous nous approchons des 700€ (hors assurance vol libre) par stagiaire et par semaine.

Récapitulatif pour un stage 5 jours pour 6 personnes
Coût Matos Honos moniteurs Structure Total Total/stagiaire
160x6=960€ 1400x2=2800€ 440€ 4200€ 700€

 

Bien entendu, ce type de calcul devra rester individuel à chaque structure et tenir compte des charges et de leur amortissement, du choix du matériel (epi par exemple), de son taux de remplacement, du montage juridique de l'école, de sa fréquentation, du coût de fonctionnement de la structure, etc. Cependant, une école qui vend à 550€ le stage de 6 personnes perd probablement de l'argent, sous-paye ses moniteurs, n'est pas en phase avec les risques juridiques encourus, promet à ses clients une progression illusoire qui s'arrête bien souvent là ou nous le voyons habituellement, c'est à dire à la fin du 2ème stage, encadre simplement les élèves et ne propose pas un enseignement de qualité ; elle n'en a tout simplement pas le temps.

Il y a des gens qui ne font pas de parapente parce que les prix proposés sont tellement bas que cela ne leur inspire pas confiance, en rapport aux autres activités aériennes. Voler s'improvise de moins en moins, donc le prix aussi. Voler n'est pas un sport terrestre, il faut le comparer aux sports aériens.

En tant que moniteur, même si notre situation semble correcte, il n'en reste pas moins que les voyants oranges clignotent de plus en plus chaque année :

  • Pénurie de moniteur enseignant,
  • Désertion des moniteurs des structures d'enseignement quand la saison des bis arrivent,
  • Impossibilité pour les élèves de trouver des stages par manque de moniteurs…

Prenons garde à notre activité, régulons-la pour faire en sorte que chacun puisse vivre de sa passion encore de nombreuses années.

 

Nous t'invitons à commenter abondamment cet article. Parle-nous de tes envies, de tes expériences, fais-nous part des modes de fonctionnement que tu as pu croiser ça ou là. Si tu as des docs de répartition des honoraires ou que tu préfères réagir en privé, tu peux aussi Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.. Bref, plus nous aurons de pistes, plus nous pourrons faire évoluer ce document. 
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Commentaires

Ferrer
-1
Tout à fait d'accord avec vous.
Débutant dans le métier, ma réflexion va de plus en plus me pousser à faire du bi en juillet août pour assurer un CA annuel digne de ce nom.
Je fait ce métier par passion donc surtout de l'enseignement et pour le moment je vis tous juste avec un smic à 1100€ net par mois, sans enfant ni projets...
Si demain je doit allez faire du bi comme j'irais à l'usine, alors je changerais certainement de métier.
Merci.
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Henri
0
Je ne comprends pas que tu gagnes "seulement" 1100€ par mois, lissé sur l'année.
Tu travailles combien de mois ? A quel prix journalier ? Dans quelle coin ?
Nous, on galère à trouver des moniteurs, payés 190 par jour, qui mixent avec du bi, et qui finissent dans les 1600 par mois, lissé sur l année (à la grosse louche)
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LE COURTOIS
0
bonjour Henri,

Juste pour préciser les moniteurs sont payé 190€ en enseignement plus les bis qu'ils font ou au total ?
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Mic
+1
Tout à fait d'accord : les prix des sauts en parachute ou des balades en montgolfière sont bien plus important et ça marche très bien.
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Seb Blesses
+1
Un rapide et facile calcul nous montre qu'aujourd'hui une semaine de cours de ski, soit 12h00 seulement d'enseignement, vaut à peu près 500€ (matos, location du matériel et forfait), alors que nos stages sont à 550€ avec 40h00 d'enseignement et un pack matériel qui vaut le triple e celui du ski et une dépréciation beaucoup plus importante. Bien entendu, inutile de comparer les responsabilités des uns et des autres...
Ce constat étant fait, et comme tenu du succès des cours de ski, comment peut on s'interdire d'augmenter le prix des stages ? Par peur de ne plus avoir de clientèle sans doute...
Je suis persuadé que si, enfin, nous vendons nos prestations à leur juste valeur, nous en tirerons plusieurs bénéfices. Pécunier bien évidement, mais également un confort de travail qui, j'en suis persuadé, cette monter la qualité de ce que nous faisons. Car il y aura plus de moniteurs travaillant avec plus de sérénité.
Vendons nous plus cher, et travaillons mieux !
PS: savez vous qu'elle est la réponse que l'on me donne à 80% lorsque j'indique le coût d'un stage de parapente ? "ha bon, seulement...? “
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Raoul
-1
Vous noircissez le tableau. Les cours particuliers de ski sont chers oui, environ 45€ /heure . Mais un stage de ski en cours collectif est plutôt autour des 200€ /semaine à 6jours x 3h = 18heures.
La responsabilité n'est pas la même certes, mais tout de même bien engagée pour les moniteurs de ski (enfants, domaines surfrequentés, hors-piste...) quand on voit les conséquences juridiques et dedommagements que peuvent engendrer une simple entorse du genou à l'heure actuelle...
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Alba
+2
Dans le prix des cours de ski le matériel n'est pas compris, donc cette comparaison n'est pas juste. La grand majorité des écoles de ski ne gèrent pas le matériel des élèves, ce qui est un soulagement de boulot énorme. Et même si on rajoute la location du matériel, le coût et l'amortissement du matériel de ski sur une saison n'a rien a voir avec celui du parapente, donc ce serait beaucoup plus rentable pour la structure.
Je suis actuellement secrétaire d'une école de parapente depuis 2 ans, et j'ai été secrétaire d'une école de ski pendant 3 saisons d'hiver, donc je peux comparer.
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Fred C
+2
Bonjour,
professionnel depuis 2000 j'ai toujours trouvé le prix des stages trop bas. Dans notre structure on mutualise avec le bi ce qui implique une rémunération de 60% inférieur par rapport à des freelances qui n'ont aucun coup (pas de local, pas de matériel, pas d'appareil à CB, voir pas de navette...etc).
Seul les moniteurs permanent de l'école font les stages, impossible de trouver un seul moniteur extérieur qui accepte de faire de l'enseignement.(juillet/aout) Par chez moi un biplaceur gagne entre 500 et 8OO par jour valable, un enseignant 200 ....... Tout est dit.
Personnellement pour l'avenir de notre activité il est urgent d'augmenter les stages.
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Olivier Loiodice
+3
Bonjour,
Il en a fallu du temps... C'est comme ça.
Je pense que le vrai prix d'un stage est encore au dessus.
Autour des 900 € c'est le prix qu'il faut payer pour que les professionnels vivent dignement de l'enseignement.
Il est effectivement urgent de "l'imposer" au niveau national.
Et ça c'est une autre histoire.
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Henri
+2
Salut,
Nous avons réfléchi à ça il y a 2 ans.
2 conclusions :
- soit augmenter le prix des stages. C'est logique, justifié, mais pas évident de faire accepter ça du jour au lendemain.
- soit réduire les plages horaires. Certains proposent déjà des stages "5 matinées", par exemple. Ça permet de faire du bi l'aprem ...

On peut déjà réussir à diminuer un peu le temps de travail, en vendant des contenus de formation plutôt que des jours ou des heures de formation. Le contenu est énoncé en début de stage, et après, pas besoin de "valider" des journées ou demi-journées, il suffit d avoir vu tout le contenu et le stage est validé.
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COCHEPAIN
-1
Bonjour
Merci au syndicat ... et j'aurais envie de dire "enfin"! (enfin une réflexion sort par écris parce que le débat existe depuis longtemps et merci pour cette synthèse).
Si je peux faire une petite remarque sur la synthèse, le prix du pack école 2040 € est peut être le prix que peuvent tirer les grosses écoles qui ont des marges importantes chez les constructeurs mais certainement pas les petites écoles en syndicat local (qui ne récupèrent pas la TVA) voile, sellette (EPI ) Casque (EPI ) secours, radio ... on est largement au dessus ... de 2040 € par élève. (on ne parle bien sûr pas de la rentabilité du speed riding qui est pourtant une super activité, pédagogiquement très complémentaire du parapente)
Et c'est bien les petites écoles qui rencontrent le plus de problème à avoir des équipes de moniteurs polyvalentes bi & enseignement et gestion administrative. Cet aspect est aussi primordial: pour enseigner il faut des locaux, un bus et un secrétariat ... les petites écoles n'ont pas les moyens de payer un secrétaire et un chauffeur à l'année ... c'est donc certains moniteurs qui s'épuisent à gérer la structure sans forcément de rémunération en face (et encore moins de considération !)
Et l'écart est encore plus marqué dans les spots à fric facile comme Chamonix ... on est passé en 30 ans de 3 grosses écoles et une petite dizaines de biplaceurs, avec deux niveaux de stages init & prog par semaine soit environ 40 à 50 élèves par semaine à peut être 20 élèves et 40 "purs" biplaceurs aujourd'hui...
donc oui je suis favorable , voir très favorable à une ré évaluation de l'enseignement, à un tarif syndical mini , ce qui ne doit pas empêcher de mettre hors saison des périodes un peu plus low cost pour ceux qu'ont pas d'sous ...

Pour conclure, il me semble que le BPJEPS a encore amplifié le phénomène du "moniteur biplaceur", il faudrait penser à une ré évaluation de ce diplôme en VAE vers de DEJEPS en valorisant notamment ceux qui se sont investis dans l'enseignement ...
A Chamonix, ne pleurons pas malgré tout, en cette période de "gilets jaunes", nous ne sommes pas les plus malheureux quand même ! Mais c'est un autre débat !
Je pense qu'un enseignant à Chamonix gagne en juillet & août 3 fois moins qu'un biplaceur ... et certains biplaceurs se plaignent de ne pas gagner assez ... pour moi, ça frise l'indécence ... mais bon ceux là ne risquent effectivement pas de revenir à l'enseignement !
Du coup j'en profite pour dire qu'on cherche pour 2019, deux moniteurs enseignement, gestion administrative (poste de secrétaire et trésorier au syndicat local) biplace à Chamonix .... Si possible au moins un BEES avec qualif speed riding ou DEJEPS compte tenu de notre clientèle (très mixte mais avec des très jeunes et niveau hétéroclite brevet pilote ou confirmé) ... aux Ailes du Mont Blanc ... pour bosser avec une vieille Charogne (alias moi ! DTE ) et un jeune, beau et très gentil moniteur alias Jérémy Picq (président).
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Yann. N
0
Merci pour ton poste Mme Cochepain
Je trouve très judicieux cette idée de VAE pour Bpjeps, moniteur depuis 2015 je partage mes saisons à part quasi égale en volume entre enseignement et bi car moniteur sous entend pour moi enseignement et je trouve compliqué de repasser à la casserole pour avoir les mêmes prérogatives qu'un Dejeps alors que nous faisons le même travail.
Et je valide par la même occasion la nécessité d'augmenter le prix des stages, très bas pour un sport aérien.
Pour cela il faudrait que tout le monde s'y mette vraiment, et ne pas faire de tarifs low cost pour rafler la clientèle et faire de la formation vite fait avec du matos de qualité +/- douteuse.
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casanova
-2
Bonjour,

un grand merci au SNMVL pour cette reflexion salutaire

je suis engagé depuis longtemps dans mon club en région parisienne sur les sujets de formation et moniteur fédéral depuis peu.

Tout ce qui est dit plus tôt est très juste. Les professionnels qui s'engagent dans l'enseignement doivent avoir un salaire équivalent à celui des bis. La mutualisation des recettes à 100% semble être une bonne pratique à condition que tout les structures jouent le jeu pour proposer aussi des stages de formation de qualité.

Je ne peux être par contre d'accord avec l'augmentation des coûts pour les participants au stage. Le parapente est déjà un sport cher. Venant de la ville, nous avons énormément de difficulté à atteindre les populations moins favorisées et en particulier les jeunes. Nous risquons avec cette politique d’augmentation des coûts mener vers un sport élitiste et ne plus voir les populations de la classe moyenne en école.

Quelques pistes proposées:

Pour une structure en plaine (euh pardon dans le béton) comme la notre, pourquoi ne pas développer massivement des formations par des encadrants bénévoles de club pour les premiers échelons de la formation: formation gratuite, mise à disposition de matériel subventionné par les liques, accès plus simple au monitorat fédéral, valorisation des encadrants bénévoles dans les clubs, recherche partenariats/mecenat par ligues

Favoriser le développement massif d’encadrants en plaine pour la pratique du treuil qui est un formidable outil de progression en plaine pour une pratique en sécurité.

Les pros pourraient alors se concentrer sur des actions de formation plus pointues, techniques et plus rémunératrices. voire aller vers le bi plus rémunérateur. Ce passage auprès des pros sera toujours indispensable dans la progression. Prenons l'exemple des stages SIVs.

Une autre piste: le coût du matériel augmente beaucoup trop vite. des voiles en B avec un tarif catalogue à plus de 4000€! La sécurité du matériel n’augmente pas nécessairement. Et pour autant le cout des stages n’augmente pas à la même vitesse. La marge des écoles diminue d’autant. Pourquoi la ffvl ne proposerait elle pas un seul modèle standard A de formation pour les stages débutants avec un prix unique négocié directement avec le constructeur à destination des écoles. Il y aurait un gain énorme à récupérer en négociant envers un seul constructeur avec des économies d’échelle très significatives qui bénéficieront aux écoles en premier lieu.
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philippe N
0
Si je reformule le problème,
1) il y a une "fuite" moniteurs de la fonction enseignement vers la fonction biplace.
Conséquence (vrai problème): certaines écoles ne trouvent plus de moniteur pour enseigner en saison haute
ou bien
2) le moniteur "enseignant" gagne mal sa vie donc il change d'activité et fait du biplace

Dans le 1er cas, le problème est perçu dans les écoles/structures, on pourrait donc "imposer" lier le diplôme a une pratique minimum régulière en enseignement (6 mois d'enseignement mini validés sur un cycle de 5 ans (carte pro) avec perte du diplôme si pas respecté (l'idée est "moniteur diplomé = enseignant avant tout"
Dans le 2e cas, (problème moniteur) toutes les solutions évoquées avant sont à prendre en compte : mutualiser les revenus bi/enseignement, répartir les activités entre les moniteurs, réduire la durée journalière, augmenter le coût des stages, etc... Mais ça ne résout pas le cas du moniteur seul biplaceur, déjà tout seul tranquille dans son coin

Et je n'évoque pas ici ce qui me semble être une sacré ambiguité entre le monde enseignant fédéral et le monde pro...
Je ne sais si je fais avancer le schimili, le smiliblick, ...
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labro
+2
Bonjour à tous, juste un petit copier collé d'un bout de discussion sur les tarifs des stages parapente :Le parapente est un luxe et n'est pas nécessaire pour nos besoins vitaux (quoi que), par contre, c'est une vraie passion pour ceux qui le pratique et c'est un sport a risque qui mérite qu'on se donne les moyens de se former sérieusement et qu'on y consacre le budget qui va avec. Tu connais les tarifs du parachute, de l'ulm, de la moto, du ski, du golf, du bateau...La liste pourrait être longue. Ces activités sont chères et pourtant le nombre de pratiquant est important. Alors oui, ce n'est pas donné à tout le monde mais je ne pense pas que le prix des prestations des moniteurs soit un réel problème, je suis toujours surpris de voir les budgets que les gens consacrent au matos, aux voyages, à leur bagnole, leur téléphone ...De l'argent, il y en a, il faudrait valoriser nos prestations pour qu'elles nous permettent de vivre et de proposer de la qualité car de toute façon, il n'y aura pas vraiment de quantité ...Regarde le succès des SIV par exemple, c'est cher et la demande est croissante.
Voilà donc mon point de vue pour dire qu'on pourrait pratiquer des tarifs plus élevés ...
Thermicallement
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BERNARD frk
+4
Bonjour à tous,

Il me semble qu'une piste n'a pas été explorée.........................
Beaucoup d'élèves........trop peut être....................... quittent l'école trop tôt. Stage découverte , initiation, progression (parfois)et hop , l'élève pense savoir faire...............

Vous voulez augmenter , multiplier le coût des formations ( à leur juste valeur)..............................qui ne sont même pas obligatoires ?????????????
Le parapente n'est-il pas le vélo du ciel ?

Cela semble si accessible, pourquoi payer et continuer à se former ? aucun brevet, aucune formation obligatoire,
je vais au magasin, j'achète une voile, je prends une assurance et JE VOLE
rien n'a changé depuis 1985 ou plutôt si on forme des moniteurs pour des formations non obligatoires ...yessssssssssssss trop cool.....................................résultat accidentologie en nette augmentation. et tout le monde Paye !........plus personne ne veut enseigner !

Dans un premier temps, cela ne fait pas très sérieux !
Formation non aboutie puisque non obligatoire, un peu de vols, peu ou pas de compets, et hop qualif bi et hop BEPJEPS, voilà la réalité ! Et hop on se retrouve avec un BEPJEPS qui ne sait pas enrouler dans une grappe et qui l'enseigne ! Oui j'exagère un peu, bin pas trop en fait, je généralise , certes !

Vous parlez d'un vrai métier, ou le moniteur n'a pas la main sur son élève,( il en existe plus beaucoup), donc très très exigeant pour des formations non obligatoires ????????????????????? N'y aurait -il pas un contre sens ?
Oui le moniteur de parapente, celui qui exerce, devrait être largement plus rémunéré que le biplace ! c'est certain. Les moniteurs devraient se battre pour arriver à ce niveau d'exigence ! Aussi faudrait-il arrêter de le " donner " à n'importe qui ? (mais ceci est un autre débat).
Regardez le parachutisme, les brevets pros ont été séparés : tandem, trad, pac.................oui mais nous c'est le vol libre , on est moins cons ! lol

Enseigner le parapente devrait être le Graal, le but ultime ! le système a massacré le diplôme, c'est franchement accessible ................à n'importe qui......................pourvu qu'il rentre dans le moule, qu'il paye, qu'il flatte les quotas ou qu'il profite d'une unième réforme pour passer au travers du filet (on lui donne sinon cela sera trop compliqué ensuite à gérer)..........................et et ...........vous en connaissez tous des comme ça , hein , on est bien d'accord !

Alors , alors ,
- commençons peut être par réévaluer le niveau exigé pour "ENSEIGNER" cela ne doit pas faire parti du pack !
- exigeons un minimum requis pour évoluer dans les airs au milieu de personnels hyper formés ! ( participez à une réunion, une seule fois avec la DGAC et parlez leur des obligations du parapentiste !!!!! Et observer les têtes des intervenants...tout est dit
- demandons à l'Etat, le ministère, ENSA, ......... de valider les brevets OBLIGATOIRES !
- demandons aux assureurs de valider les brevets

Et là le coût d'une formation prendra du sens, les gens paieront pour être formés à voler, comme , comme..................... l'avion , le planeur le para, l'hélico, l"Ulm.........................................

J'entends déjà des voix se lever, "vol libre , vol libre"..........................................et je répondrais simplement "vol libre ........moteur patate" !

je vous la fait simple : formateurs très bien formés, obligations de brevets = formations à tarots acceptables et justifiées = tout l'monde il lé contents !

Mais peut être, peut être ..............................................la vérité est ailleurs.

Frk BERNARD ,
DEJEPS, formateur, para pro tandem, pilote avion , planeur , ulm et paramoteur
mais ça c'est juste pour mon EGO démesuré.
Répondre Répondre en citant
Collet
0
Bonjour,
Enfin ! Bravo pour l’ expression de ce texte qui a le merite de mettre les pieds dans le plat. Etant enseignant dans un certain nombre d activités sportives outdoor j ai toujours ete surpris des prix pratiqués dans l enseignement du vol libre. Les tarifs proposes ne rendent vraiment pas hommage a la qualité, la motivation et la responsabilité des enseignants. Le pointage des tarifs vers le bas peut sans doute etre en accord avec des veilléités d uberisation d une profession, mais certainement pas avec une volonté d un professionnalisme de qualité. Le monde des professionnels du Vol Libre est face a un choix de positionnement collectif qui sera le determinant de l avenir de l enseignement.
Répondre Répondre en citant
Michel Schatz
0
Le prix d'un stage n'est que le reflet de la valeur que lui attribue l'école et le public. Pour l'augmenter il faut d'abord convaincre le public et l'école qu'il vaut plus.
L'achat de diamants n'est pas obligatoire mais ils peuvent se vendent très cher alors que ce ne sont que des cailloux qui brillent.
Répondre Répondre en citant
Jérôme canaud
-1
Merci pour ce débat,
c''est peut être la séparation des diplomes et donc du travail qui va redonner de la valeur à l'enseignement et le rendre plus rémunéré que le BI. Les pros pourront choisir leur boulots, et peut être qu'il n'y aura plus que des enseignants qui veulent enseigner, moins de biplaceurs qui veulent enseigner, ça redonne de la valeur à l'enseignement... Ça fait plus de 15 ans Qu on se pose la question de la rémunération en enseignement, seule l'augmentation des stages ne peut fonctiinner il faut la cumuler aussi à d autres idees, d autres leviers (brevets de niveaux obligatoires, séparation des diplomes pros, formations par objectifs,...) des idées. Bye
Répondre Répondre en citant
Cyril
0
Je lis ca avec interet mais de lire qu' il manque des moniteurs pour faire de l enseignement alors que le numerus clausus existe au test de sélection ça me fait rire jaune. J'ai eu une note correcte mais j étais sur liste d attente et pourtant on me dit partout : on manque de moniteur. Et pourtant ma démarche pour passer le dejeps n était pas pour devenir un mercenaire. Alors par exemple pourquoi un test physique et non pas un test pédagogique? Là formule d aujourd'hui favorisé uniquement les mercenaires qui après ne prennent pas le temps de dire bonjour à leur passager. De plus la note de compétition signifie que l on est capable de voler bien certes, mais surtout qu' on a été capable de se mettre en danger en compet pour après enseigner l inverse aux stagiaires. Se mettre en danger en l air ne permet en rien de dire que ça sera un bon ou un mauvais moniteur.
Une proposition simple puisque vous parlez de VAE : l apprentissage. Pourquoi ne pas favoriser cette forme de formation?
Merci pour votre article
Répondre Répondre en citant
Julien
0
Joli texte. Cependant dans une économie libérale s'entendre entre professionnels pour augmenter les prix est illégal et sévèrement puni par la justice. Peu importe les jolis discours.
Répondre Répondre en citant
Gilles Silberzahn
0
Il y a entente illicite lorsque plusieurs entreprises s’associent à travers une décision, un accord ou toute autre pratique concertée ayant pour objet ou pour effet de fausser le libre jeu de la concurrence sur un marché.

Tu trouves vraiment que cet article entre dans ce cadre ?
Répondre Répondre en citant
Nico COLL
0
Pourquoi augmenter les prix des stages ??? Je pense que nous pouvons mieux payer les moniteurs sans changer le prix des stages... mais en modifiant ce que cela comprend. Aujourd'hui toutes les écoles proposent des stages d'initiation à 550€ en moyenne. Cela comprend les moniteurs, le transport et surtout le materiel. Restons à 550€ le stage... mais hors materiel. Louons le materiel de vol... si ce n'est que 30€ par jour et par personne pour un matos complets, cela représente 150€ de plus par personne et par stage, soit une augmentation de 27% sur le prix d'un stage mais la personne ne le voit pas comme une augmentation directe car commercialement parlant, sur nos sites internet, brochures et compagnie, le stage reste à 550€... hors materiel. Les personnes venant en stage d'initiation ne connaissent pas encore vraiment le milieu et ne seront à mon avis pas choqués que le materiel ne soit pas inclus (cela permet aussi à des gens de venir avec son propre matos mais aussi de déclencher des ventes). Regardez le monde du ski... quels sont les personnes qui sont étonnées de devoir louer sa paire de skis lorsqu'ils font appelle à un moniteur ? Aucun... et pourtant leurs prestations sont bien plus chères que les nôtres. Enfin, c'est juste une reflexion :-) Bonne fin d'année à toutes et à tous!
Répondre Répondre en citant
Bosson
+1
N'oubliez jamais que les syndicats sont à la solde du patronat, il y a de mauvais biplaceurs , mais encore plus de mauvais enseignants. Heureusement des deux côtés une grande majorité fait très bien son travail et même en pleine saison le bi est aussi un acte d'enseignement.
Répondre Répondre en citant

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