Réponse Décathlon

Chamonix, le 13 Février 2020

Monsieur,

Nous accusons bonne réception de votre courrier du 28 janvier dernier, lequel a retenu toute notre attention.

Nous vous remercions de votre message ainsi que de l'intérêt que vous portez à notre projet et à l’enseigne Decathlon. Soyez sûr que nous apportons une attention particulière aux inquiétudes et aux remarques du Syndicat National des Moniteurs de Vol Libre, comme à l'ensemble des écoles, des clubs, de la FFVL et des pratiquants du vol libre.

Nous sommes également des parapentistes passionnés et connaissons dès lors bien les problématiques que vous évoquez. Notre priorité pour nous-mêmes, nos proches et l'ensemble des personnes qui voleront grâce à nous, est la sécurité. Nous connaissons le milieu du parapente et savons qu'il est animé depuis de nombreuses années par les clubs, les écoles, la FFVL et l'ensemble des libéristes.

Aussi, nous croyons que la joie de voler est universelle mais reste encore confinée. Ainsi, nous avons créé le projet Decathlon Parapente avec une mission simple : rendre le rêve de voler accessible au plus grand nombre. Cette activité de promotions et de prestations de services que nous avons mis en place par l'intermédiaire de notre plateforme est cadrée par la loi et nous disposons de l'ensemble des assurances nécessaires à cette activité.

Nous vous assurons que nous connaissons les problématiques de surfréquentation de quelques sites de vol. Notre plateforme a aussi justement pour vocation à mieux répartir les utilisateurs au plus proche de chez eux grâce à notre outil de géolocalisation. Nous serons vigilants sur ce point et nous suivrons les recommandations locales et ou les directives de la FFVL.

Il est vrai que l'accidentologie progresse sensiblement plus rapidement par rapport à l'augmentation du nombre de pratiquants. De nombreuses plateformes existent et les comportements inacceptables de prise de risque que vous soulignez et que nous regrettons, sont des initiatives individuelles et non le fait d'une plateforme ou d'une autre. Nos conditions contractuelles sont rédigées en ce sens et la décision de voler ou non, suite à la réservation d’un client sur notre plateforme, revient toujours à un moniteur diplômé et qualifié, seul apte à prendre la responsabilité de voler.

Par ailleurs, sur les nombreuses plateformes existantes, aucune n'est 100% dédiée au parapente ; aucune ne prétend accompagner et promouvoir la formation comme nous le faisons via des biplaces pédagogiques et stages découvertes.

Nous avons mis en place un système de commission compétitifs, significativement réduit pour les prestations de formations. Ces commissions, permettent de financer l’outil de réservation, le paiement sécurisé, la visibilité sur le web et dans nos magasins. Il s’agit des trois besoins que nous avions définis en consultant les écoles qui n’auraient pas les ressources pour être largement visibles et n’ayant pas le temps ou les moyens de le faire eux mêmes.

Notre prestation de promotion et de communication sera identique pour tous et en ce sens, elle ne fera que constater la concurrence existante, soit, extrême sur quelques sites identifiés et quasi inexistante sur d'autres. Tous nos partenaires sont libres de leurs prix, et nous les encourageons à ne pas les baisser pour augmenter leur visibilité.

Nous sommes aux prémices de ce projet, qui vous l’avez compris, à pour vocation d’amener nos clients vers les écoles et de rendre cet écosystème économiquement plus stable. Nous avons créé des liens avec la Fédération Suisse de Vol Libre et espérons faire de même avec la FFVL ainsi que les différents autres acteurs du milieu, incluant votre syndicat.

Nous convenons que les nombreuses initiatives de l'entreprise Decathlon puisse susciter des interrogations, mais nous sommes persuadés que nous partageons le rêve commun de faire du parapente un sport plus accessible et voler dans de meilleures conditions de sécurité. Ces objectifs ne sont possibles qu’en associant nos forces.

Nous serons extrêmement vigilants au respect de nos partenaires, ainsi qu’à préserver, accompagner la profession, et à devenir un vecteur d'impact positif sur la pratique.

Enfin, nous ne pensons pas que la profession soit hostile aux plateformes, au contraire, la plupart de ces professionnels les utilisent et sont ravis d'accroître leurs revenu grâce à elles.

Pour les raisons mentionnées ci-dessus, nous n’entendons pas fermer notre plateforme car nous pensons qu’elle a un impact positif pour l’ensemble des acteurs du milieu du parapente.

Bien entendu, nous nous tenons à votre disposition pour échanger au sujet des valeurs de l'entreprise, de notre projet et pour allier nos compétences.

Nous vous prions de croire, Monsieur, à l’assurance de nos sentiments les meilleurs.

Alex JACQUELIN
​Leader du Projet Parapente

L'analyse du SNMVL

Le milieu des professionnels du parapente, représenté par le Syndicat des Moniteurs SNMVL, s’inquiète de la multiplication des plateformes numériques qui proposent la vente de leurs prestations. Parmi de nombreuses autres inquiétudes :

  • les marges prélevées par ces plateformes grèvent les revenus souvent maigres des professionnels ;
  • la dépersonnalisation de la vente en ligne d’une activité engagée met régulièrement le professionnel devant un client non préparé et mal informé ;
  • la stratégie du référencement, point fort de ces plateformes, met progressivement l’ensemble du réseau des écoles au second plan des recherches sur internet.

Pourtant, des professionnels trouvent là leur compte et remplissent pour une part leur planning avec cette clientèle ; une clientèle qui pourrait faire les frais d’être « bon marché » ?

Quant à Décathlon qui affirme vouloir aider notre sport, on peut se poser la question de ses motivations profondes alors que le parapente reste une niche fragile du milieu sportif et de plus classé en environnement spécifique (à risques). Si l’image du parapente en est la réponse alors, tel Engie ces dernières années, un partenariat nous rassurerait et serait une réelle aide au vol libre. Mais pour l’instant, le SNMVL qui a tenté d’alarmer la direction du géant du sport n’aura reçu d’autre réponse que la certitude que leur stratégie commerciale sera la leur et uniquement la leur !

Aucun doute, l’arrivée du mastodonte Décathlon peut faire peur…

Le courrier du CDVL Haute-Savoie

Si le DELTA était un gage de profit… on ne parlerait pas de PARAPENTE aujourd’hui…

Juste pour recentrer le débat, on parle de PROFIT ! le protagoniste « NUMBER 1 » est un exemple type de la SOCIETE de PROFIT, de l’ECONOMIE de MARCHE, de la MONDIALISATION…bref il est dans son droit pour marcher sur tout le monde, tout écraser sur son passage… et foutre en l’air + de 40 ans de bonne pratique souvent bénévole, et ceci au nom du PROFIT !  Donc ne parlons pas de lui, c’est totalement inutile. Concentrons-nous sur nous, soyons objectif, développons ce que « NUMBER 1 » ne pourra jamais faire c’est LA QUALITE !!!

(Reportage le 7 mars 2020 sur la 2, « Number 1 » de la réussite française… « Number 1 » pour la 2ème année consécutive, au classement des entreprises « où il fait bon travailler » mais 1er sur 12… alors qu’il y a + de 200 entreprises éligibles…

Dixit Benoit POIZAT : à l’origine c’était « rendre le sport accessible au plus grand nombre » … en clair, dans le plan d’action, c’était casser les prix…

… argument principal : PRIX BAS

… 86% des clients satisfaits…grand public, matériel utilisé peu de temps, sport-loisirs, coût moindre pour une société de consommation…

…il y a une quarantaine d’année, « devant la difficulté d’approvisionnement du premier magasin, entre autres le blocage des livraisons de vélos » ils inventent leur propre marque… un écusson sur un modèle existant… Actuellement les marques internes représentent 80% des ventes…

Obsession : concevoir des produits toujours moins chers… 80% des produits fabriqués en ASIE…)

L’avenir du parapente… c’est édifiant quand même !

Après lecture de vos différents échanges qui listent le nombre impressionnant d’inconvénients, j’en rajoute quelques ’uns et je relève le risque majeur pour l’avenir du parapente, qui est L’IMPACT DIRECT SUR L’ENSEIGNEMENT !

Seul le biplace permet à un moniteur et à une école de vivre.  Donc si on grignote les marges sur le biplace, on impacte directement la formation.

Rompre le fragile équilibre entre l’enseignement et la vente de biplace, c’est aiguiser les papilles du fisc… Le biplace n’est pas assujetti à la TVA parce qu’il est considéré « pédagogique » donc acte d’enseignement… c’est bien son rôle à l’origine dans une structure ECOLE mais avec « NUMBER 1 » on va tomber dans la grande distribution…DANGER !!! 20 % de TVA ça peut faire mal…

Le biplace c’est aussi l’image du VOL LIBRE, c’est la rencontre du grand public avec notre monde… et c’est le début d’un engagement pour les nouveaux élèves. Ceux qui par ce premier vol, deviendront parapentistes… Comment peut-on « flouter » notre image de rêve, de liberté, de beauté, derrière la façade d’une société commerciale ?

Qui dit formation, dit sécurité… comment développer la sécurité en reniant sur la formation ?

Comment imaginer porter plus haut l’enseignement avec encore moins de moyens ?

Valoriser réellement les écoles avec des agréments qualitatifs… et non plus un simple label. On est capable en France de mettre des « étoiles » pour un hébergement, un plat, le fleurissement d’une ville… mais dans le VOL LIBRE, « tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil ! » Cela veut dire que toutes les écoles atteignent la même performance en termes de qualité et ceci tout au long de leur vie … 

Une réflexion s’impose et il est urgent de la mener en profondeur. Accompagner les moniteurs est notre devoir. Soyons réaliste, sans eux nous n’existons pas.

Développons la qualité, donc la sécurité avec les pros, afin de préserver la pratique du parapente

Financer les sites pour une pratique gratuite, implique en retour d’être intransigeant avec tous les acteurs du VOL LIBRE. Il est urgent de confronter les représentants, des pratiquants, des professionnels et toutes les instances dirigeantes pour cadrer la saison 2020. La mauvaise ambiance entre pros qui règne sur les grands sites et la sur fréquentation induite principalement par le biplace pro seront encore aggravées dans le contexte actuel.

« Number 1 » va faire du profit sur des sites de pratiques qui existent et appartiennent à la communauté du VOL LIBRE, grâce au travail et surtout au bénévolat de tous… on se marche sur la tête !

Attendre 8 mois pour faire le point… c’est mettre en danger certains sites, certains professionnels, certains pratiquants et à moyen terme le PARAPENTE. 

Pas d’AG cette année… ou plus précisément pas de rencontre, pas de débat… impossible d’interpeler la fédé sur ce sujet URGENT à traiter… Comment engager une réelle discussion et non pas cet échange insensé de courriers « politiquement très corrects » mais absolument pas constructifs ? Merci de votre réponse.

 

Toi aussi, tu peux laisser un commentaire, un avis, un coup de gueule ci-dessous. Ton nom sera automatiquement inscrit si tu es connecté sur le site. Sinon, il faudra que tu le mettes. Ton vrai nom, c'est mieux…

Commentaires   
Jc. LANDREAU
0 # Jc. LANDREAU 10-03-2020 08:04
La réponse du CDVL de haute Savoie est une honte absolue. Faire de ce problème une tribune d’extreme Gauche.... on est pas sorti des ronces.... Ils doivent bien rire chez D4
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Sabine Duvivier
+4 # Sabine Duvivier 10-03-2020 20:35
Je pense que tu te trompes de combat Jc. !
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Herve burdet 73
-2 # Herve burdet 73 10-03-2020 12:44
Monsieur les DE et responsable d'école
Réfléchissez à 2 fois avant de signer !!
Les clients viendront de toute façon dans vos structures ! Les prix seront probablement tirés vers le bas avec le temps chez Decathlon...Pour moi c'est clair ! NON !! A bon entendeur bonne saison à tous RV
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Loïc. Jarrier
-1 # Loïc. Jarrier 10-03-2020 21:35
Le courrier du CDVL est déplorable.

Oui, ils ont bien dû se marrer chez Decat' !! Et bien les conforter dans l'idée qu'ils pourront nous bouffer.

On ne veut pas brader notre activité ? Mais on le fait déjà depuis des lustres !! Reveillez-vous, bordel !!

J'ai passer un BE pour enseigner, pas faire du bi, POUR ENSEIGNER. Vu le prix auxquels sont vendus les stages, on ne peut pas rémunérer (correctement) un enseignant afin qu'il en vive. Il devra faire du biplace. Et de plus en plus en plus de biplaces au fils des ans, parce que soit les prix baissent sur un site fréquenté où tout le monde joue la carte du prix, soit ailleurs, sur un site privilégié, où tout coûte cher, de plus en plus cher..

Le monde pro a délaissé l'enseignement pour concentrer ses efforts sur le biplace commerciale (pardon, pédagogique), et maintenant on en veut au "Gros" de venir vouloir une part du gateau ?!

Je me permet de vous rappeler , en copiant ici un post trouvé sur facebook, ce qu'est le vol libre :

"on est sur des machines de 13 de finesse qui frôle les 70kmh. On dans un secteur aéronautique qui demande de la connaissance théorique et beaucoup de pratique."

"Sans vouloir faire de l élitisme, venir apprendre à voler, c'est un engagement personnel qui demande de l instruction et de l accompagnement pour sortir un pilote responsable et sécurisant."

"Rendre le parapente accessible à tous n est pas rendre service à notre activité."

Décathlon, c'est l'emblème du sport pour tous.
Cela va ramener du blaireaux qui n'a rien a faire là, alors qu'il y en a déjà assez....Et ca va encore augmenter la compétition sur les biplaces...

Donc : Decathlon, NON !!
Mais on recolte ce que l'on seme..

Allez, sur ce, je file dans la rubrique petite annonce, j'ai un Diplôme de BE original à vendre, moi je vais faire autre chose.
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Jean françois Thurel
+6 # Jean françois Thurel 11-03-2020 16:30
Donc votre logique c'est ne pas développer le parapente et de limiter en fait.? Decathlon se propose juste de ramener plus du monde l'activité dans les écoles après ça reste à nous de les former correctement.
c'est vouloir limiter le nombre de gens qui viennent à l'activité alors que c'est notre métier est contre-productif !. ça me paraît logique.
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Loïc. Jarrier
0 # Loïc. Jarrier 11-03-2020 22:20
Jean-Francois,

le probleme, c'est ce genre de plateforme, qui prend une com, mais surtout qui passe devant en terme de referencement sur le web..Et puis qui fini par mettre en avant sur son site les prestataires "qui rapportent le plus"..

Décathlon, ils ne veulent rien pour le Vol Libre. Ils voient un marché. Un gars est payé pour s'en occuper, et penetrer le marché. Si ca marche, il aura réussi un projet, si ca ne marche pas, il perdra son job, ou fera autre chose chez Decat.

Ce que je pense, c'est que si on ouvre le vol libre au marché de masse, ca va etre bien pour vendre de l'initiation, parce que c'est bien notre metier de faire decouvrir l'activité aux gens, par contre je ne suis pas sûr, voir même convaincu, que ce n'est pas une bonne chose pour notre activité. Le parapente n'est pas un sport de masse, cela demande un certain engagement personnel, une assiduité, une exclusivité, que les gens n'ont plus de nos jours. y a qu'a voir le nombre de personnes qui se forment, achètent le matos, et arrêtent dans les 2 ans qui suivent..
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Arnaud Mathaly
+2 # Arnaud Mathaly 24-03-2020 15:05
Globalement, je ne crois pas que vous empêcherait D4 de vouloir entrer sur un marché. Châpeau à ce Mr Jaquelin de les avoir convaincus, ils ont d'autres propositions régulièrement. Par contre, pour ceux qui pourraient être tentés par l'appat du gain (ne vous voilez pas la face, ce n'est pas la "démocratisation" du sport qui est le coeur de ce projet), il faut bien savoir à qui on confie une partie de la maison en acceptant de leur confier la commercialisation des produits. D4, c'est la grande distribution.
Ce qui a été évoqué déjà, c'est que ce qui attire ces gens, malgré leur discours, c'est uniquement l'aspect économique. Dans le cas de D4, il est facile de démontrer qu'ils ont toujours utilisé l'image des autres pour vendre leurs produits. Des excès de cette politique les a même amené à sortir les grandes marques de leurs rayons, pensant avoir suffisamment profité de leur notoriété: au point où les résultats ont été en baisse en 2019 et ils ont décidé de refaire entrer des marques ( ces derniers reviendront évidemment...). Les autres expériences passées du groupe dans le sport comme avec la centrale "skimium" qu'ils avaient créés pour se commissionner (oups pardon démocratiser) la location de ski,ont abouti à une véritable perte de marge pour les adhérents. Le groupe n'a pas gagné assez sur le marché, a abandonné et les adhérents (outre les promesses non tenues de niveau de commission et de taux de produits Quechua imposés) se retrouvent avec une centrale orpheline, prête à imploser, et dans laquelle ceux qui gagnent ne sont que les salariés de la structure elle même.
On parle de grande distribution, alors rappelons les effets: la plupart des acteurs étaient plein de bonnes intentions: démocratiser les produits, faciliter l'accès de tous à tous les produits,...vous connaissez. Dans les faits, la plupart des enseignes, dont Leclerc, Auchan (groupe Mulliez/dont Decathlon) ... ont ensuite créé des centrales d'achat avec lesquelles elles ont convaincus les producteurs de signer, leur promettant des parts de marché fabuleuses. Certes au début...avant de renégocier systématiquement les conditions avec ces producteurs devenus dépendants (tient, le mot indépendant pour les moniteurs deviendrait obsolète) et donc contraints d'accepter des taux de marge fatals: pour ceux qui n'ont pas compris, essayez de demander à des voisins (propriétaires de vos terrains d'attéro peut être)agriculteurs. Vous pouvez demander aussi à des acteurs de la transformation, je peux vous envoyer en MP quelques contacts.
L'issue d'une implication d'un groupe de la grande distribution dans la commercialisation des "produits" du monde du vol libre serait contreproductive, c'est une évidence.
Puisque l'on parle d'enseignement, même pour les passagers de vols biplaces (puisque pédagogiques), la comparaison est à faire avec le monde de l'enseignement: à ce jour, les ESF versent quelques commissions à des TO "diffus", mais n'accepteraient pas ce genre de projet, car conscients de ne pas apporter un plus à leur activité ni à démocratiser leur offre.
Je suis à dispo pour développer.
(Titulaire d'un titre d'expert en commerce international, j'ai été rapidement informé des méthodes de ces structures, notamment le groupe Auchan. La vie a fait que j'ai distribué ensuite des parapentes, tenté de former certains moniteurs à la gestion pour les aider à maintenir leur activité, puis créé et développer 3 magasins de sport dont 1 sous enseigne Twinner,créé une agence de voyage réceptive (sorte de TO local) et surtout je travaille depuis 6 ans avec une personne qui a dirigé plusieurs (+ ou - grandes) sociétés du monde de la grande distribution et a passé sa vie a côtoyer les acheteurs directs ou les plateformes d'achat de la grande distribution)
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Sébastien Blesses
+5 # Sébastien Blesses 14-04-2020 06:52
Bonjour à tous,

Tout d'abord, permettez-moi de tous vous remercier, pour votre implication dans cette structure qui existe pour l'intérêt commun. Merci pour le temps que vous y consacrez, votre engagement, vos efforts qui se heurtent, bien souvent, à la critique.

Pour le présenter brièvement: j'ai 45 ans, j'ai créé il y a peu une nouvelle école sur le bassin Annécien, et ne suis diplômé que depuis 2016. J'ai eu , avant d'être moniteur, l'occasion de pratiquer plusieurs métiers dans différents secteurs d'activités.

Ce courrier concerne, comme son objet l'indique, les plates formes numériques, et plus précisément D4.
J'ai lu attentivement, puisqu'au coeur du sujet, voire du tumulte, les différents échanges qui ont pu avoir lieu entre le SNMVL, les professionnels, D4, et même le CDVL 74.

Je fais partie de ceux qui pensent que D4 (ou un autre gros acteur, peu importe) peut être une opportunité pour la profession SI LES CHOSES SONT BIEN CONDUITES. J'ai même brièvement affiché mes offres sur leur site avant de me faire lapider en public, sur les réseaux sociaux. Je me suis retiré de la plate forme D4 non par conviction, mais par solidarité avec la profession.
Toutefois, je reste convaincu que c'est une erreur. Les arguments qui ont été avancés ne me semblent absolument pas convaincants, car non opportuns.

Tout d'abord, énormément de personnes ont posé un avis sur le sujet, sans savoir ce dont il était question précisemment. Combien ont lu le contrat proposé par D4? L'avez vous eu vous même entre les mains?

Il a été fait mention de Huberisation: absurde. Ceux qui avancent cela ne savent pas comment fonctionne Huber, et/ou le "partenariat" D4. Il y a des différences fondamentales entre les 2:
- Huber fixe le prix de la course (en fonction du nbre de chauffeurs et de clients dans le même secteur). Un algorithme le fait instantanément.
-Huber a autant de chauffeurs potentiels qu'il existe de propriétaire de voiture
- un client Huber se fout royalement d'avoir 2 fois le même chauffeur: ce qu'il veut c'est une voiture le plus rapidement possible, ou à une heure précise, mais dans un laps de temps très court. Il n'utilise qu'Huber pour trouver les chauffeurs.
- De fait, les chauffeurs n'ont aucun pouvoir et ne font que subir la situation. Huber décide et mâitrise tout.

Maintenant si on fait le parallèle avec notre activité:
- Les écoles fixent leurs tarifs
- Le nombre d'école ne va pas exploser en quelques semaines. Il est compliqué d'en ouvrir une car cela demande des locaux, une pente école, et un gros investissement matériel.
- un client qui est satisfait d'une école y reviendra très probablement, EN DIRECT, sans repasser par D4.
- D4 ne pourrait rien faire sans les écoles (sauf à embaucher des moniteurs à tour de bras et de créer ses propres structures, ce qui me semble improbable).

Partant de ce simple constat factuel, j'entrevois une véritable opportunité d'un travail intelligent et intéressant pour tous, surtout pour les écoles, j'entends par là plus intéressant pour nous que pour D4.

Car il faut préciser que le partenariat ne concerne que les Structures qui font de l'enseignement et elles seules. De plus, la commission demandée est de 5% seulement la première année, et 10% les suivantes. Nous y reviendrons.

Je vais tout d'abord reprendre chacun des arguments qui ont été avancés par les uns et les autres:
- réduction des revenus des écoles qui ne gagnent déjà pas beaucoup d'argent.
Si les écoles ne gagnent pas beaucoup d'argent, elles ne le doivent qu'à elles mêmes, et non pas à un quelconque acteur extérieur. Les prix des stages sont trop bas. Je suis, alors que je viens d'ouvrir l'école, le plus cher du bassin Annecien. Accabler qui que ce soit en disant que son action va encore réduire la marge revient à se cacher derrière son doigt.

- vampirisation de la clientèle des écoles (à terme D4 trusterait toutes les demandes sur le web):
Imaginons que D4 nous envoie 5 élèves sur un stage init. Si on fait du bon boulot, sur les 5, 3 reviennent en stage Progression. Il est évident qu'ils passeront en direct !!! Et sur les 3, il y en a un qui va acheter du matériel... Et pas à D4 !

- Augmentation d'une clientèle du type touriste (pour faire court):
J'ignorais que le Parapente et ses écoles se portaient tellement bien que nous avons le luxe de pouvoir choisir nos clients. Donc des pas trop vieux, pas trop gros, pas trop cons, ce serait l'idéal? Parce que s'il faut leur faire prendre conscience de ce que c'est que voler, c'est pas drôle? Si on ne fait que 3 vols dans la semaine c'est chiant? Et si on les revoit pas, c'est grave? Dans le lot, y en a qui vont adorer, on va déclencher des passions et des prises de conscience, non ???

- La parapente n'est pas une activité à la portée de tous: on vole avec des ailes de 13 de finesse:
Ha zut... Moi qui pensais que justement, et vous l'avez dit dans votre courrier à D4, tout le monde avait oeuvré durant 45 ans pour que ce soit de plus en plus accessible... Et que dire du matériel qui a sans cesse évolué dans ce sens?
Quant aux ailes de 13 de finesse, pardon mais si 2% des pilotes volent là dessous, c'est déjà beau !!! Et je n'en fais pas partie.

Et si j'en viens à la réponse que le SNMVL a adressé à D4, j'y apprends avec stupeur que beaucoup de sites sont surfréquentés (dans mon esprit c'était le cas sur 3,4,5 sites maxi !), que beaucoup sont sous la menace d'interdictions à cause des nuisances, et on pourrait presque comprendre que niveau sécurité, c'est pas top, à fortiori parce que les écoles n'ont pas bien fait leur job...

Je discutais, il y a peu, avec un fabricant de parapente. Ils réorientent peu à peu leur activité vers le paramoteur car, au niveau mondial, la pratique du parapente diminue au profit du paramoteur. Alors il se peut qu'en France on ait pour le moment un nombre constant de pratiquants mais nous serions une exception. Pour combien de temps encore?

Dans l'article paru dans je ne sais quel magazine (celui partagé récemment sur fb), il est fait mention d'un partenariat type ENGIE/FFVL. Voilà une bonne idée... Seulement, la manière avec laquelle la porte a été claquée au nez de D4 permet difficilement un retour en arrière...

Toutefois, voici mon point de vue sur la question, qui m'avait conduit après longue réflexion, a adhérer à ce système:

- D4 popularise effectivement le Parapente. Cela amène une augmentation de la fréquentation des écoles et non pas une surfréquentation. Ce ne sont pas les écoles qui génèrent de la sur fréquentation, ce sont plutot les structures qui font exclusivement du biplace. Par exemple une structure avec 5 navettes qui tournent en été, soit 20 pilotes qui font 10 vols chacun par jour. 200 décollages et atterrissages dans la journée. 50 A/R en navette entre le décollage et l'atterrissage... voilà ce qui crée de la surfréquentation.
- Les écoles ont alors une demande qui équilibre l'offre, voire qui devient supérieure : les prix peuvent être augmentés. Ha tiens, on va mieux gagner notre vie !!! A condition de faire mieux, et pas plus !!! c'est à dire ne pas embaucher d'autres moniteurs pour faire plus de volume au même prix...
- Les élèves reviennent directement en stage sans passer par D4: pour le coup c'est D4 qui nous a refilé ses clients, et pas l'inverse.
- D4 ne peut rien faire sans les écoles. Autrement dit, ils ont besoin de nous, et nous n'avons pas besoin d'eux : c'est juste parfait !
Je n'ai pas fait HEC, mais je préfère travailler avec des gens qui ont absolument besoin de moi alors que moi non, plutôt que le contraire. On a donc une position de force. Avec intelligence, on peut s'en servir. Intelligence et Solidarité.
Par exemple, la seconde année, on peut négocier tous ensemble 8% de com pour D4. Et pour les années suivantes aussi.
8% pour faire la communication, encaisser les règlements, et gérer un planning, franchement ce n'est pas cher. Et quand on sait qu'en plus certains élèves reviendront directement, cette commission au final ne sera pas plus que 5 ou 6% sur l'ensemble de la marge dégagée avec les élèves D4.

Une option est de créer une plate forme SNMVL. Pourquoi pas. Mais qui va supporter les coûts? Et si ça ne fonctionne pas?
Pourquoi ne pas essuyer les plâtres avec D4 la première saison? cela permet de voir ce qui marche et ne marche pas. Puis, soit ils acceptent nos conditions, soit on les quitte et là on peut créer une plate forme SNMVL. Mais à 5%, pourquoi se faire chier et prendre des risques???

Je reviens sur les détracteurs de D4: parmi eux se trouvent les responsables des structures biplaces, et c'est tout à fait légitime. Il est évident que ces structures n'ont rien à gagner à ce que D4 intègre le paysage. En effet, elles ne pourront que perdre une part de marché. Pour autant elle sera minime car j'ose espérer que les écoles ne muteront pas en structure essentiellement biplace si cela devait fonctionner. En revanche, les écoles verraient là le moyen de garantir une rentrée d'argent minimale et régulière rendant l'enseignement plus confortable.

Vous l'aurez compris, pour toutes ces raisons, je pense que cela peut être une opportunité de rendre enfin l'enseignement rentable.
Il faudra être unis et intelligents pour tirer notre épingle du jeu. Imposer des choses à D4 notamment sur la présentation de leur plate forme. Pour avoir échangé avec eux au début, je sais qu'ils sont ouverts et disponibles aux améliorations et modifications de leur outil. Ce dernier doit être équitable, et laisser la part belle à une présentation complète de chaque structure pour que le prix ne soit pas le seul argument de choix !
Un partenariat pourrait être une excellente chose.

Voici mon point de vue. Et rien ne dit que je détiens la vérité.
A bientôt dans les Airs

Sébastien
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thurel jeff
+2 # thurel jeff 16-05-2020 17:57
et bien bravo sebastien, je n'avais pas lu ta réponse, mais franchement , je suis completement d'accord avec toi. !!!
je ne vais pas autant élaborer mon ^propos que toit, mais à 5% de marge pour l'école, comme tu dis pourquoi se faire chier!
T'es super visible , ca te raméne du monde que tu gardes après , et comme tu dis, c'est eux qui ont besoin de toi.! on est position de force!
en tous cas pour l'enseignement ,moi j'ai dit oui, ne vous déplaise.
Et puis pourquoi le milieu pro s'acharne contre D4 qui sont les plus gros et les moins gourmands, et vont continuer avec d'autres plateformes?
faudra m'expliquer?
soit vous arretez avec toutes les plateformes, et vous etes tres bon commercialement, soit vous choisissez les plus rentables pour votre structure.!
Et cet argument incompréhensible en tant que moniteur de dire qu'il faut pas de blaireaux dans notre activité et sur les sites !
Ah bon?
Si vous avez fait moniteur, c'est bien parce que vous voulez développer l'activité , et transmettre votre passion, non?
Donc, avec qui on travaille si on veut pas avoir d'élèves?
(Avec les passagers en faisant du promène couillon toute l'année, j'ai bien compris, mais quand même , n'oublier pas la base.!)
Et puis comme dis Seb, il ne tient qu'à nous de bien former nos élèves, si on veut pas qu'il se retrouve à faire de la merde sur les sites.
Mais faut faire de l'enseignement pour en parler!
Et puis tant qu'il n'y aura pas une formation minimum imposée, comment ne pas se retrouvé avec des blaireaux sur les sites? mais ceci est un autre sujet.
En tous cas, si D4 peut nous renvoyer des élèves contre 5 % de marge....
Pourquoi refuser, puisque c'est pas le syndicat qui le fera....
alors que ca serait plutot a nous de le faire pourtant.
Si on voulait vraiment, on pourrait se cotiser pour crèer un vrai bon site internet bien référencé qu'il le fass, non?

Ca ca serait constructif .
Ca sert pas à ca un syndicat?
A se regrouper pour etre plus fort et apporter des solutions à plusieurs pour nous tous.

Au lieu de raler contre D4.....!
Répondre
Thomas
-2 # Thomas 21-06-2020 21:50
De mon côté ge gère une école de Deltaplane et si cela arrivai dans le delta je me permettrai d' insulter copieusement tous les aveuglent qui au lieu de se poser des questions pour faire evoluer leurs boite et le milieu choisissent la facilité à court terme tel des traideurs écervelés.
Thomas
Répondre
Sebastien
+3 # Sebastien 21-06-2020 21:54
Bonsoir Thomas
On ne peut pas dire que ton message regorge d arguments. Que tu consideres les autres comme des écervelés, pourquoi pas. Mais il serait souhaitable que tu poses des arguments en plus de tes jugements...
Répondre
Étienne Grassart
-2 # Étienne Grassart 14-08-2020 19:25
Bonjour à tous,
Je ne suis pas moniteur mais je vol depuis 2003 et je m'interrogeais sur l'implication de d4 dans le parapente. Je me permet juste une remarque en tant que serrurier, que je suis : les plateformes sont très implantées dans les métiers du dépannage ( serrurerie, plomberie, etc) et c'est du vol organisé. Les plateformes se placent avant nous sur les référencements internets, vendent monts et merveilles au client et nous envoient ensuite au casse pipe avec des informations erronées et sans pouvoir appliquer nos tarifs. Le plus souvent, les plateformes imposent une comission de 20% soit à payer sur notre rémunération, soit pris directement qui se retrouvent à payer 20% plus cher. Dans tous les cas il y des perdants et toujours le même gagnant. Et pour quel service ? La question demeure.
Perso j'ai la chance de ne pas avoir de concurrence donc je peux proprement les envoyer paître sans trop perdre de marché mais dans les secteurs où il y a du monde, s'il y en a un qui signe, tout le monde a perdu. Perdu quoi ? 20%.
À méditer
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TITINE la GRANDE
0 # TITINE la GRANDE 11-10-2020 19:35
Bonjour à toutes et tous
ce qui signe avec D4 ne vois pas plus loin que le bout de leurs nez...quand le jeune ALEX(parapentiste depuis 5ans...) dans son entretien avec Rock the outdoor dis que le projet qu'il conduit avec D4 c'est d'être « l’Amazon du sport » cela devrait vous suffire...ou alors vous être très mal informé sur le mal que Amazon à fait à tous les commerçant passionnés par leurs métiers ..tiens les libraires par exemple ( vous savez combien de librairies avec des libraires qui faisait de la qualité ont mis la clef sous la porte....beaucoup) Dans 10 ans le monopole de D4 aura fait de vous des esclaves ....ne cedez pas , le parapente est en plein essort on voit des parapentes dans des pub de voiture ou d'autres choses, les clients viendront vers vous les pro de toutes façon même sans D4 qui ne pensent que vous prendre une commission juste avec la création d'un site qui sera bien vite amorti pour eux....hé les filles et les gars c'est vous qui vous mettez sous l'aile avec votre passager, c'est vous qui avez passer des prérequis et autre pour avoir vos diplômes ...respecter vous ne vous vendez pas pour si peu...vous valez bien mieux que cela individuellement et tous ensemble.
Un parapentiste
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